Lettre ouverte aux lecteurs de l’ouvrage Addi(c)tion

Chers lecteurs,

 

Aujourd’hui, 9 mois après sa parution, quelques questions ont été posées sur un site internet, au sujet du sens de mon livre « Addi(c)tion, le hold-up des intermédiaires en ligne ».

Pour vous qui avez pris le temps de vous le procurer et de le lire, je ne peux rester sans réponse.

A travers ces quelques lignes, je veux rappeler quels sont mes engagements et détailler le sens et l’origine de ce projet :

Tout commence en mai 1995, alors que je ne suis que depuis deux semaines dans les cuisines du Chef 3 étoiles Bernard Loiseau, j’apporte à Saulieu un ordinateur pour pouvoir écrire et partager mon expérience.

Monsieur Loiseau, curieux de ma démarche, me demande alors de le suivre et, après avoir monté quelques marches derrière la réception, ouvre une petite pièce, simplement équipée d’un petit lavabo, d’un lit et d’un bureau. « Pose ta machine sur ce bureau, c’est ici que j’ai monté la première Côte d’Or » m’indique-t-il tout en s’effaçant rapidement.

Assis sur le bord du lit, je suis là, à contempler le lieu d’où une partie de l’histoire de la grande maison a commencé…

Souvent, après le service, Monsieur Loiseau et moi-même discutons des heures sur les enjeux des hôtels et restaurants à savoir mieux communiquer et trouver des solutions pour faire venir des clients dans toutes les régions.

Nos échanges sont intenses, engagés, pleins d’espoir.

Je découvre en même temps l’Internet et comprends qu’il ne s’agit pas d’un simple outil informatique de plus mais bien d’un nouveau média qui peut justement changer la relation entre les Chefs et leurs clients. Nous sommes en 1995. Lorsque je fais part de mon ressenti à Monsieur Loiseau ,il me déclare simplement : « Trouve une solution avec tes ordinateurs et explique comment faire à tous les Chefs, c’est important. »

Mon diplôme en poche au mois de juin suivant, je change alors le cours de ma destinée et dès septembre, fonde avec un associé une première agence web. Depuis, 5 autres ont vu le jour comme indiqué dans ma biographie.

15 ans après mes débuts à Saulieu et avec 6 de mes collaborateurs, nous avons envie d’ancrer nos valeurs et obtenons le 1er titre de Meilleur Ouvrier de France en Multimédia & Communication. A l’aube de ma majorité d’entrepreneur les 5 agences emploient 100 personnes et 1500 établissements leurs font déjà confiance.

La transition est une étape forte dans la carrière d’un entrepreneur, surtout quand vous n’êtes parti de rien. Avec mon épouse, la transmission du savoir est un des piliers de notre vie. L’encourager à travers le socle de l’excellence nous anime, nous nourrit.

Transmettre c’est notamment, partager un savoir avec le plus grand nombre d’hôteliers et de Chefs.

La question se pose alors : Comment communiquer avec le plus grand nombre ?

J’envisage d’abord des rencontres, puis des enquêtes, de l’écriture. Ainsi naît le livre « Addi(c)tion ».

Cela ne suffit pas. Il faut porter le message en direct et bien au-delà des simples clients des agences que j’ai fondées il y a plusieurs années.

En 8 dates, dans 8 villes, devant plus de 1’000 professionnels, les enquêtes effectuées sur les consommateurs sont présentées, les moyens de renouer un dialogue direct, les alternatives sont partagées. Faire des constats, poser un problème, donner des perspectives, c’est aussi délivrer des solutions et présenter toutes les possibilités.

Bientôt, des institutions m’interrogent, m’invitent à participer à leurs conférences, comme les Assises Nationales du Tourisme, des Chefs de cabinet, des députés, et je prends conscience qu’il ne suffit plus d’accompagner les hôteliers et les restaurateurs vers les consommateurs.

C’est maintenant les consommateurs qu’il faut guider vers les hôteliers et les restaurateurs.

Lors de conférences,  je rencontre les nouvelles générations dans les écoles hôtelières et je les vois sensibles à ces nouvelles problématiques.

De grands chefs comme Michel Guérard, m’ont également fait part de leurs inquiétudes sur le manque d’informations délivrées au consommateur.

C’est ce que je tente de faire aujourd’hui, du mieux que je peux, en intervenant dans les médias pour décrypter auprès du grand public l’actualité qui concerne le secteur de l’hôtellerie,  de la restauration et du tourisme.

Il est important de rappeler que l’Internet a été imaginé par des hommes pour d’autres hommes et que les intermédiaires, par nature, ne sont pas des solutions idéales pour une communication directe.

Je ne m’adresse pas uniquement à la profession. J’éclaire le grand public pour le réorienter vers les propres marques des hôtels et des restaurants. Il s’en est éloigné progressivement sans même s’en rendre compte. La situation m’alerte. Il faut les avertir.

« Addi(c)tion » n’est pas un livre blanc, un manuel ou une brochure publicitaire, ni un outil marketing pour une des agences que j’ai fondées.

C’est le fruit d’un travail mené pendant plus d’une année dans lequel je préconise aussi des techniques et des conseils auxquels je crois suffisamment pour les avoir testés et développés dans mes agences. Pour autant et pour qu’il n’existe aucun lien commercial entre le livre et les agences, aucune marque dont je suis propriétaire n’est citée et mes prises de parole se font au nom de Rémi Ohayon, expert, auteur, ou conférencier, jamais patron d’une des agences.

Ce livre m’a permis de vivre une aventure passionnante, de faire des rencontres inoubliables comme ce diner presque irréel avec à ma droite, Patrick Bertron, Chef de Saulieu aux 3 étoiles Michelin, à ma gauche, Pascal Abernot, Directeur du Relais Bernard Loiseau et face à nous, Paul Bocuse. Délicatement, généreusement, il prend le temps de me dédicacer quelques mots sur un ouvrage que je garde précieusement.

Au delà de cette expérience personnelle riche, si, pour reprendre les critiques faites autour de l’ambition du livre, cet ouvrage pouvait être une formidable opération média pour informer le grand consommateur et recréer un lien en direct avec l’hôtelier restaurateur, je n’aurais pas le sentiment d’avoir manqué à mon engagement premier, la transmission, bien au contraire.

Rémi Ohayon

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